Nous avons vu des centaines de personnes passer par les portes de Version Originale depuis notre création en 2009. Elles viennent quasiment toutes avec la même demande – améliorer leur anglais –, mais derrière cette formulation se cache une grande diversité de situations et de besoins.

La peur de mal faire

La peur de communiquer en langue étrangère est profondément ancrée dans la culture française où nos enfants apprenaient et continuent souvent à apprendre les langues étrangères dans un vide scolaire détaché de la réalité du monde du travail et même du monde social. On apprend à conjuguer des verbes sans lier cet exercice au plaisir de communiquer avec une autre personne dans sa langue natale. Résultat : quand on nous demande d’utiliser l’anglais ou toute autre langue pour des tâches de communication, on bloque – peur de mal faire, peur de paraître stupide ou de perdre la face, peur que notre interlocuteur ait l’ascendant sur nous et d’être en échec.

« Est-ce que j’ai un bon niveau ? »

Il est très rare qu’une personne à qui l’on demande d’effectuer une mission de travail en langue étrangère ressente uniquement du plaisir, même celle qui a un « bon niveau ». D’ailleurs, cette question de niveau nous interpelle aussi, on vient souvent nous voir pour nous demander : « est-ce que j’ai un bon niveau ? » Mais la question n’a pas de sens… un bon niveau pour faire quoi ? La compétence linguistique dans l’absolu n’est pas l’enjeu, c’est la compétence linguistique en contexte qui est en jeu. La question n’est pas « quel est mon niveau ? » La question est plutôt « est-ce que je peux… effectuer un audit de mon fournisseur/négocier un prix/animer un stand au salon/répondre au téléphone aux clients étrangers… ? » L’apprentissage de langues ne se fait jamais dans le vide.

Des conséquences bien réelles

D’ailleurs souvent nous nous rendons compte que le manque vient d’ailleurs : les compétences linguistiques pour effectuer la mission en question sont bien là, mais ne peuvent pas être correctement déployées à cause des peurs évoquées ci-dessus (la peur de mal faire, la peur du ridicule…) ; ce sont souvent des peurs infondées et irrationnelles, mais qui ont des conséquences bien réelles – l’évitement, on donne des excuses ou des prétextes pour ne pas faire ce qu’on nous demande.

Les gens qui se trouvent dans des situations de travail complexes – situation de transition au sein de leur entreprise à la suite d’un rachat ; demande de mutation sur un nouveau poste, voire dans un nouveau pays ; envie de progresser dans sa carrière ou de changer de métier – sont souvent déjà sous pression et la question linguistique peut être la goutte qui fait déborder la vase. Souvent, ce n’est qu’en discutant avec nous que les gens commencent à comprendre leur véritable besoin.

Retrouver le sourire

Quand nous recevons une personne qui vient « améliorer son anglais » et qui veut savoir s’il a « un bon niveau », nous mettons en œuvre toute notre expérience de pédagogues, mais aussi notre connaissance du contexte français, des enjeux psychologiques qui entrent en jeu dans l’apprentissage des langues, et du monde de l’entreprise pour trouver le meilleur moyen de dépasser les peurs infondées qui peuvent rendre la pratique d’une langue étrangère si inconfortable et si pénible et faire en sorte que plus que d’apprendre du vocabulaire et de la grammaire on devient capables de faire ce qu’on a à faire en langue étrangère… et avec le sourire en plus.